jeudi 24 mai 2007

Grève à la STM


Bonjour,

depuis mardi, les employés d'entretien de la Société des Transports de Montréal sont en grève. Autrement dit, il y a grève dans les transports en commun de par ici. C'est la 14ème grève en 40 ans d'existence de la STM.

Contrairement à la France, mais peut être plus pour longtemps, existe ici le service minimum. En pratique, au moment du préavis de grève, le syndicat a dû proposer à une autorité de régulation les horaires sur lesquels il s'engageait à assurer un service. Concrètement, les métros et bus fonctionnent normalement aux heures de pointe, soit en tout 9 heures par jour (de 6 à 9, de 15 à 18 et de 23 à 1 heure), semaine et week-end. Le reste du temps, aucun transport n'est assuré.

Ceci m'amène à deux réflexions à la louche : la première concerne l'impact d'un service mimimum sur la durée d'une grève. Je me demande s'il existe des études là-dessus.
La deuxième, qui est liée à la première, concerne l'efficacité de la grève comme moyen de pression. A Montréal, cette grève est très mal percue par les citoyens, qui se sentent visiblement assez lésés de la simple absence de transports en commun aux heures creuses. On se faisait par contre la réflexion entre français qu'une grève en France qui assurerait des transports aux heures de pointe ne serait sans doute pas jugée très perturbatrice, et donc ne donnerait finalement que peu de moyens de pression aux syndicats.
Est-ce à dire que la seule issue serait alors une grève longue s'étendant sur plus de jours ? A mon avis, la question mérite d'être étudiée avant de discuter de la mise en place d'un service minimum.

Bises, Joan

p.s. Avec Kirsten, on s'en fout un peu, on fait maintenant tout à vélo. 250 bornes au compteur pour ma part, c'est plus que sur ces 20 dernières années.

4 commentaires:

À 10:27 a.m. , Anonymous Anonyme a dit...

tu te trompes petit!!
ce qui fait l'efficacité d'une grève c'est le fait que les salariés LE PLUS NOMBREUX POSSIBLE ET TOUS C'EST MIEUX,décident de la faire car ils estiment nécessaire la satisfaction de la revendication. Ici, par exemple, mieux payés ou avec plus de moyens pour assurer le service public des transports.
La grève appartient aux grévistes et l'objectif ne peut pas être embéter les usagers.
La vieille idée de l'anarcho syndicalisme a vécu, je t'expliquerai ça dans le détail otra vez.
Bises et plein succés à la grève des traminots de montréal!!

 
À 11:09 a.m. , Blogger Kirsten et Joan a dit...

J'accepte ce raisonnement si l'on me montre qu'il n'existe aucune corrélation entre service minimum assuré et durée du conflit.

Autrement dit, admettons que tous les salariés soient en grève mais que dans un cas, ils assurent un service minimum et dans l'autre non, je ne suis pas certain que la durée du conflit sera identique avant de satisfaire (ou non) aux revendications des salariés.

D'autre part, mon argument était au départ simplement de discuter le point de vue selon lequel un service minimum dans les transports, c'est mieux pour les usagers, thème en vogue chez notre cher président. Du simple point de vue de l'usager, et sans regarder les objectifs et les motivations de la grève chez les salariés, si ce service minimum se met en place et a pour conséquence un allongement de la durée des conflits, alors l'argument initial devient beaucoup moins pertinent.

 
À 4:37 p.m. , Anonymous Anonyme a dit...

A mon avis, tu ne te trompes pas trop petit, pour contredire l'autorité anonyme du premier message.
Le jeu n'est clairement pas à somme nulle dans les services publics. Les contribuables payent une part non négligeable du coût des services publics (sans parler des usagers captifs). La valeur ajoutée que se partagent les actionnaires et les salariés de la l'entreprise de transport augmentera si les contribuables augmentent cette valeur ajoutée.
Le maire, qui négocie pour les contribuables les subventions, va être rapidement contraint de discrètement payer plus s'il veut être réélu.
Le service minimum ne protège donc pas principalement les usagers, mais les contribuables contre l'électoralisme de leur maire et l'opportunisme des salariés (et des actionnaires, qui ne perdent par très souvent lors d'une grève).
Moi j'dis ça, c'est un peu réac, mais la capture syndical est présumée dans pas mal de cas, et je ne sais pas s'il s'agit d'une redistribution équitable.

 
À 3:33 a.m. , Anonymous Anonyme a dit...

Je ne sais pas si c'est honteux, mais tu t'es fait griller par Wasmer
http://ew-econ.typepad.fr/mon_weblog/2007/05/grves.html

 

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